Pourquoi le bruit déconcentre ? Comment mieux se concentrer dans un environnement bruyant

Pourquoi le bruit déconcentre ? Comment mieux se concentrer dans un environnement bruyant

Vous connaissez peut-être cette scène : vous vous installez enfin pour travailler. Vous ouvrez votre ordinateur, votre café est prêt, votre téléphone est retourné face contre table et vous êtes déterminé à avancer. Puis, derrière vous, quelqu’un commence à parler. Vous essayez de ne pas écouter. Vous relisez votre phrase. Vous revenez à votre écran. Quelques secondes plus tard, vous réalisez que vous n’avez absolument aucune idée de ce que vous venez de lire.

Alors vous recommencez.

Puis quelqu’un rit. Une chaise bouge. Une notification sonne. Une conversation reprend à quelques mètres de vous. Et sans vraiment vous en rendre compte, votre cerveau passe une partie de son temps à gérer tout ce qui se passe autour de vous plutôt qu’à faire ce que vous lui avez demandé.

On accuse souvent notre concentration. « Je suis facilement distrait », « je manque de discipline », « je n’arrive jamais à travailler longtemps sans regarder ailleurs ». Pourtant, le problème n’est pas forcément là. Parfois, ce n’est pas votre capacité à vous concentrer qui est en cause. C’est votre environnement qui demande trop d’attention.

Pourquoi le bruit nous déconcentre-t-il autant ?

Tous les bruits ne se valent pas. Un son continu et relativement prévisible peut être assez facile à ignorer une fois que notre cerveau s’y est habitué. Une conversation, en revanche, est beaucoup plus difficile à mettre complètement de côté.

Pourquoi ? Parce que les mots ont du sens. Même lorsque vous ne participez pas à une conversation, votre cerveau peut automatiquement traiter une partie de ce qu’il entend. Une étude publiée dans Cognitive Processing a notamment montré que la parole en arrière-plan pouvait détourner involontairement l’attention pendant une tâche cognitive, avec une mobilisation de ressources attentionnelles liée au traitement du langage.

C’est ce qui rend la personne qui parle à côté de vous particulièrement pénible lorsque vous essayez de lire, d’écrire ou de résoudre un problème. Votre cerveau ne perçoit pas simplement « du son ». Il peut essayer de comprendre qui parle, ce qui est dit, si votre prénom vient d’être prononcé, si la conversation vous concerne ou si quelque chose d’important vient de se produire. Vous essayez de travailler sur votre document. Votre cerveau, lui, garde une petite oreille sur la conversation d’à côté. Et cette petite oreille peut coûter plus cher en attention que vous ne l’imaginez.

Le phénomène surprenant : vous pouvez être distrait sans regarder ailleurs

On imagine généralement la distraction comme quelque chose de visible : on regarde son téléphone, on ouvre un nouvel onglet, on se lève pour aller chercher un café. Mais l’attention ne fonctionne pas uniquement comme ça.

Un son peut attirer une partie de vos ressources mentales sans que vous quittiez physiquement votre tâche. Vous êtes toujours devant votre écran. Vos yeux sont toujours sur votre document. Pourtant, une partie de votre cerveau vient de basculer vers ce qui se passe dans votre environnement.

C’est notamment ce que les chercheurs appellent l’attention involontaire ou la capture attentionnelle : certains changements ou éléments saillants de notre environnement sonore attirent notre attention, même lorsque nous n’avons aucune intention de les écouter. Et plus le son est pertinent pour nous, plus il peut être difficile à ignorer.

Une conversation dans une langue que vous comprenez, par exemple, n’est pas simplement un bruit de fond. Elle contient une information que votre cerveau sait décoder. C’est précisément ce qui peut la rendre particulièrement intrusive pendant une tâche qui demande elle-même de traiter des informations verbales.

Autrement dit, lorsque vous essayez de lire un texte tout en écoutant involontairement quelqu’un parler, deux flux d’informations se disputent potentiellement les mêmes ressources. Pas étonnant que votre paragraphe mette soudain trois fois plus de temps à être lu...

Le bruit au travail n’est pas seulement une question de volume

On pourrait penser que la solution est simple : réduire le nombre de décibels. Mais la réalité est plus subtile.

Des recherches menées sur les environnements de travail montrent que la parole en arrière-plan fait partie des sources de distraction particulièrement problématiques dans les bureaux partagés. Dans une étude menée auprès de salariés, 99 % des participants déclaraient que différents bruits de bureau perturbaient leur concentration, les conversations en arrière-plan figurant parmi les sources les plus gênantes. Les chercheurs n’ont par ailleurs pas observé de véritable habituation à ces bruits au fil du temps.

Cela signifie quelque chose d’assez intéressant : vous n’allez pas nécessairement finir par vous habituer à votre collègue qui parle toute la journée simplement parce que vous l’entendez tous les jours. Et cela explique peut-être pourquoi certaines personnes sortent d’une journée en open space avec l’impression d’être mentalement épuisées alors qu’elles n’ont pourtant pas réalisé une tâche particulièrement physique. Le cerveau a passé des heures à travailler dans un environnement qui sollicitait constamment son attention.

Et parfois, ce n’est pas le bruit le plus fort qui vous dérange le plus

Imaginez une pièce dans laquelle une machine produit un léger bourdonnement continu. Au bout de quelques minutes, vous n’y pensez presque plus. Maintenant, remplacez ce bourdonnement par une conversation à côté de vous. Puis une sonnerie de téléphone. Puis quelqu’un qui rit. Puis une autre personne qui vous pose une question. Puis le bruit d’une imprimante.

Le niveau sonore moyen peut ne pas sembler spectaculaire. Pourtant, votre expérience est complètement différente.

Certaines recherches montrent justement que la nature du son et son intelligibilité comptent autant que son niveau sonore. Dans des expériences portant sur la parole en arrière-plan, une parole facilement compréhensible pouvait perturber davantage certaines performances cognitives qu’une parole moins intelligible à niveau sonore comparable.

C’est aussi pour cela qu’un café peut être agréable pendant une heure et absolument insupportable le jour où vous devez terminer une présentation importante. Le problème n’est pas nécessairement que le café est « trop bruyant ». C’est que votre cerveau a quelque chose de beaucoup plus important à faire.

Pourquoi est-ce encore plus difficile quand vous devez lire, écrire ou réfléchir ?

Toutes les tâches ne sont pas également sensibles au bruit. Si vous pliez du linge, marchez ou réalisez une tâche très automatique, une conversation à proximité peut être relativement facile à supporter. Mais lorsque vous devez mémoriser, écrire, lire un texte complexe, résoudre un problème ou construire une idée, votre cerveau doit maintenir plusieurs informations actives en même temps. C’est là que le bruit peut devenir particulièrement coûteux.

Des études menées dans des bureaux ouverts ont notamment observé des effets défavorables de la parole en arrière-plan sur certaines tâches de mémoire à court terme et de mémoire de travail. Une autre étude portant sur une tâche d’écriture en environnement ouvert a observé une diminution de la performance dans certaines configurations de parole en arrière-plan.

Et c’est probablement ce qui explique cette sensation très particulière : vous avez travaillé pendant deux heures… mais vous avez l’impression d’avoir passé la moitié de votre temps à essayer de travailler.

Alors, comment mieux se concentrer quand il y a du bruit ?

La première chose à faire n’est pas nécessairement d’acheter quoi que ce soit. Commencez par identifier quel bruit vous déconcentre réellement. Est-ce la musique avec des paroles ? Les conversations ? Les notifications ? Les portes ? Le trafic ? Les bruits soudains ? Le bruit général d’un espace partagé ? Cette observation est importante, parce que votre environnement idéal ne sera pas forcément celui d’une autre personne.

Ensuite, lorsque c’est possible, agissez directement sur la source : changez de pièce, éloignez-vous d’une zone de passage, fermez une porte, mettez votre téléphone en silencieux ou choisissez un endroit moins exposé aux conversations.

Vous pouvez également expérimenter avec un son de fond régulier si cela vous aide. Certaines recherches suggèrent que des sons de masquage peuvent réduire la distraction liée à la parole dans certaines situations, mais les résultats dépendent fortement du type de tâche et du son utilisé. Une étude comparant plusieurs stratégies dans un environnement de bureau a notamment trouvé que le son naturel pouvait atténuer certaines perturbations dues à la parole, tandis que le simple fait de porter un casque sans son de masquage n’avait pas produit le même effet dans la tâche étudiée.

Il n’existe donc pas de recette universelle. Et c’est justement pour cela qu’il peut être intéressant de penser le calme non pas comme une destination, mais comme un réglage que vous adaptez à votre situation.

Et si vous n’aviez pas besoin de vous isoler complètement ?

C’est là que les choses deviennent intéressantes. Parce que lorsque l’on cherche à réduire le bruit, on imagine souvent deux extrêmes : soit on entend tout, soit on met un casque et on se coupe complètement du monde. Mais entre les deux, il existe tout un espace.

Vous pouvez vouloir réduire les conversations autour de vous sans perdre complètement le contact avec votre environnement. Vous pouvez vouloir travailler dans un café sans avoir l’impression d’être dans une réunion permanente. Vous pouvez vouloir lire dans un train, étudier dans une bibliothèque ou télétravailler lorsque votre environnement est simplement un peu trop stimulant. Dans ces situations, le but n’est pas forcément de créer un silence absolu.

C’est de réduire suffisamment les distractions pour laisser votre attention revenir là où vous en avez besoin.

C’est notamment l’idée derrière HALO de Paluma, qui propose trois niveaux de réduction du bruit selon la situation : Social, Focus et Calme. Le premier est pensé pour réduire les bruits gênants tout en restant davantage connecté aux conversations et à son environnement ; le second pour les moments où l’on cherche davantage de concentration ; le troisième pour les situations où l’on souhaite une réduction plus importante du bruit.

L’intérêt n’est donc pas de porter le même niveau d’atténuation toute la journée. C’est de pouvoir l’adapter. Parce qu’entre une réunion avec trois collègues, deux heures de travail concentré et un trajet dans un métro bondé, votre besoin de calme n’est évidemment pas le même.

Peut-être que vous n’avez pas un problème de concentration

C’est peut-être la chose la plus importante à retenir. Avant de vous dire que vous manquez de discipline, que vous êtes trop facilement distrait ou que vous devriez apprendre à mieux vous concentrer, regardez simplement ce qui se passe autour de vous.

Votre cerveau ne travaille jamais complètement dans le vide. Il reçoit constamment des informations visuelles, sonores et physiques. Et certaines d’entre elles demandent plus d’attention que d’autres. Une conversation à côté de vous n’est pas seulement un bruit, un téléphone qui sonne n’est pas seulement un son, une porte qui claque n’est pas seulement quelques décibels de plus.

Ce sont des informations auxquelles votre cerveau doit potentiellement réagir.

Alors, la prochaine fois que vous avez du mal à vous concentrer, posez-vous une question toute simple :

« Est-ce que je manque réellement de concentration… ou est-ce que mon environnement m’en demande trop ? »

Parfois, la meilleure façon de retrouver sa concentration n’est pas de forcer davantage. C’est simplement de faire un peu moins de place au bruit.

Paluma — moins de surcharge, plus de présence

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